Quel tapage médiathique d’une certaine frange politique bien franco-française autour des JO de Beidjin !
Certains, la main sur le cœur, sûr d’être dans le vrai, dénoncent un régime totalitaire qui, s’il est abject avec ses arrestations, ses exécutions et sa censure omniprésente, n’en est pas moins en place depuis presque quarante ans. Quarante ans pour dénoncer un régime communo-socialiste, comme on dit mieux vaut tard que jamais !
De l’autre côte de l’échiquier, on attribue aux religieux un aura d’angélisme tout à fait proportionnel à l’utopisme des idées véhiculées. Non pas que nous devrions nous tenir éloignés des principes et des valeurs proposées par le Dalaï-Lama ; bien au contraire, la puissance de la méditation et l’enseignement qui l’accompagne sont une aide précieuse dans nos vies modernes totalement coupées de ce qui fait notre vraie nature. Ce don est aussi précieux que celui de Freud, Lacan ou Dolto. De là à statuer sur le bien fondé pour l’immense province du Tibet à adopter son indépendance et à se doter d’un gouvernement monarchique, s’appuyant sur un clergé déjà suffisamment puissant pour vivre de la dîme prélevée sur les paysans, il y a un très grand pas à éviter de franchir.
Je pense qu’une troisième voie est possible, celle du respect entre peuples, celle qui consiste à ce que la minuscule grenouille française ne se croît pas aussi grosse que le bœuf chinois, et cesse de vouloir proposer son modèle à des peuples qui finiront bien par trouver un juste milieu entre droits individuels et devoirs envers la collectivité, et sans que cela nécessite forcément l’adoption d’un modèle démocratique dont la portée universelle est discutable.
